5ème et dernière séance du séminaire : “Actualités de la recherche en histoire de mode”, 19 juin, 14h30, IHTP

La prochaine séance du séminaire sur l’histoire de la mode de l’IHTP aura lieu le vendredi 19 juin 2015, à 14h30, au 59/61 rue Pouchet, 75017 Paris.
Le vêtement n’est pas seulement un ensemble vestimentaire créé pour protéger le corps physique. Le vêtement, comme création culturelle, est lié à l’état d’esprit, l’âge, l’activité professionnelle, la position sociale, les groupes sociaux de pouvoir et les groupes sociaux marginalisés. Le vêtement devient une seconde peau sociale, c’est-à-dire une forme de présence face aux autres. Aux travers de la mode du vêtement on peut connaître les changements sociaux d’une société. Ces changements commencent dès le mythe qui suppose que, dans les Andes, la variété vestimentaire a son origine dans le mythe de création du dieu Wiraqocha, et se poursuit jusqu’aux créations modernes qui cherchent à unifier la population. La mode du vêtement n’est pas seulement le propre des sociétés modernes. Elle existe aussi dans les villages traditionnels, comme c’est le cas du village de San Pablo situé dans les Andes sud péruviennes où elle passe d’une “mode imposée” (historique) à une mode libre appelée “mode andine rurale” (présente).
-“Du féminin au masculin: vêtements et images des femmes travesties en hommes au XIXème siècle en France”, Yohann Da Silva, Master I, Université Paris IV
Le fonds de costumes de scène du Palais Galliera, Musée de la Mode de la Ville de Paris, renferme un ensemble mystérieux de pièces. Celles-ci ne portent pas la marque d’un costumier ou d’une pièce, mais la griffe d’un grand magasin, « Au Printemps PARIS ». Robes d’inspiration XVIIe siècle, tenues de Toréador ou d’Indien d’Amérique, tuniques à l’orientale ou encore livrées, au total, plus de 120 costumes, masculins et féminins, ainsi que divers accessoires, ont cette particularité. Récemment redécouverts après avoir passé plusieurs décennies enfermés dans des cartons, ces costumes constituaient une véritable énigme au début de nos recherches. Production inédite de l’une des plus grandes institutions commerciales parisiennes encore en activité, ils ont été complètement oubliés dans la mémoire du grand magasin, tout comme dans celle du costume de scène. En mettant de nouveau en lumière l’atelier de costumes de théâtre et travestis au Printemps, né en 1919 à l’initiative de l’artiste Henri-Gabriel Ibels, bien connu en tant que membre fondateur du groupe des Nabis, nous avons tenté de renseigner un fonds non négligeable conservé par le Musée de la Mode de la Ville de Paris. L’étude, conditionnée par l’absence de documentation spécifique sur ces costumes, a largement été orientée par de nombreuses hypothèses, que nous avons peu à peu pu vérifier ou infirmer. L’objectif a été de retracer l’histoire de l’atelier, et d’obtenir le plus possible d’informations concernant les costumes qui y ont été créés, leur contexte de production et d’utilisation. Ces recherches ont par ailleurs permis d’amorcer une réflexion autour du costume de scène dans le contexte très particulier d’un atelier de création au sein d’un grand magasin parisien.
-“La blanchité en Vogue“, Daniela Novelli, Post-doctorante à l’Université Paris-Sorbonne – Paris IV
Dans le cadre d’une récente recherche doctorale interdisciplinaire, cette réflexion du point de vue des études de genre et post-coloniales est centrée sur l’analyse de la production discursive sur la blanchité du corps féminin dans des éditions françaises et brésiliennes du magazine de mode Vogue. Des images issues de deux éditoriaux de mode datés de l’année 2008 – « Ça, c’est Paris » (Vogue Paris) et « Folia de Rainha » (Vogue Brasil) – révèlent des phénomènes complexes de légitimation raciale. Qu’elle soit « révolutionnaire », par l’érotisation de la Parisienne (figure mythique d’allure indéfinissable), ou « conservatrice », par un processus d’exotisation de la Mulâtre (figure emblématique du Carnaval brésilien) à la fois niée et évoquée, la blanchité perçue est le produit visuel de luxe d’un « lieu de privilège », associé notamment au corps [blanc] convoqué par la « matrice discursive » inter(nationale) de Vogue.
Pour ceux que ça intéresse, les résumés des deux précédentes séances du séminaire sont disponibles :
*celui du du 22 mai sur la restauration/conservation de la mode, et les archives filmées des années 1920: “Pour les absents (qui n’ont pas toujours tort) et les curieux”: http://histoiredemode.hypotheses.org/1876
*et celui du 29 mai autour de l’exposition Lanvin avec Sophie Grossiord, commissaire de l’exposition : « Quand les archives murmurent à l’oreille des chercheurs”: http://histoiredemode.hypotheses.org/1918
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Sophie Kurkdjian (4 juin 2015). 5ème et dernière séance du séminaire : “Actualités de la recherche en histoire de mode”, 19 juin, 14h30, IHTP. Cultures et Histoires de Mode. Consulté le 16 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/pn95



