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5ème et dernière séance du séminaire : “Actualités de la recherche en histoire de mode”, 19 juin, 14h30, IHTP

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La prochaine séance du séminaire sur l’histoire de la mode de l’IHTP aura lieu le vendredi 19 juin 2015, à 14h30, au 59/61 rue Pouchet, 75017 Paris.
Pour cette dernière séance de l’année, nous avons le plaisir de vous inviter à venir faire un point sur la recherche en histoire de la mode
“Actualités de la recherche en histoire de mode : nouveaux travaux, nouvelles problématiques, nouvelles approches”
 
Présentation des travaux des étudiants :
-“Le costume géorgien – symbole de l’esprit”, Shukia Arabuli, Master I, Université Paris IV
L’élaboration du costume géorgien a été déterminé par le caractère national, le mode de vie et les conditions biogéographique des géorgiens. Après la fin du système féodal, le costume national a été mis hors d’usage et est devenu tout bonnement l’héritage culturel. Le recherche scientifique sur le costume national géorgien a commencé au 20e siècle. On peut dire qu’il existe deux points de vue sur l’origine du costume géorgien, l’une qui est lié au costume royal, dit aristocratique et l’autre au costume de la région montagneuse – Khevsourétie. J’aimerais plutôt attirer votre attention sur le costume appartenant aux Khevsours qui habitent au nord de la capitale – Tbilissi.. Le costume traditionnel des Khevsours est la forme authentique de l’ancien costume géorgien. Cette forme appelée Talavari est impressionnante et attire constamment l’attention des voyageurs et des chercheurs. Talavari comme le costume quotidien est resté en usage assez tard, jusqu’au milieu de XXe cycle. Les particularités de Talavari sont les gabarits du modèle, le matériaux et le décor ornemental. Ce qui est plus intéressant, ce sont les significations des formes et des couleurs dans ce costume. Chaque ornement et le détails particuliers avaient une importance différente et chacun représentait symboliquement les valeurs et la vision des Khevsours. On doit dire que la conviction et façon de penser de ces gens restent toujours profondément mystérieuses. Manifester leur manière de vivre dans la matière et exprimer le caractère humain par le biais des couleurs et des formes, est le sujet qui mérite d’être examiné sous différents angles.
-“L’histoire de la mode du village de San Pablo des Andes sud péruviennes”, M B Nathalie Santisteban-D, Doctorante du CERMA/MASCIPO, EHESS

Le vêtement n’est pas seulement un ensemble vestimentaire créé pour protéger le corps physique. Le vêtement, comme création culturelle, est lié à l’état d’esprit, l’âge, l’activité professionnelle, la position sociale, les groupes sociaux de pouvoir et les groupes sociaux marginalisés. Le vêtement devient une seconde peau sociale, c’est-à-dire une forme de présence face aux autres. Aux travers de la mode du vêtement on peut connaître les changements sociaux d’une société. Ces changements commencent dès le mythe qui suppose que, dans les Andes, la variété vestimentaire a son origine dans le mythe de création du dieu Wiraqocha, et se poursuit jusqu’aux créations modernes qui cherchent à unifier la population. La mode du vêtement n’est pas seulement le propre des sociétés modernes. Elle existe aussi dans les villages traditionnels, comme c’est le cas du village de San Pablo situé dans les Andes sud péruviennes où elle passe d’une “mode imposée” (historique) à une mode libre appelée “mode andine rurale” (présente).

-“Du féminin au masculin: vêtements et images des femmes travesties en hommes au XIXème siècle en France”, Yohann Da Silva, Master I, Université Paris IV

Les femmes qui se travestissent en hommes au XIXème siècle le font pour de multiples raisons, de la possibilité d’augmenter leur salaire à celle de provoquer par leur anticonformisme. Mais la notion même de travestissement, évidemment en lien avec les gender studies, est à définir avec précision, notamment au niveau légal. Dans le cadre de l’histoire du vêtement comme ramification de l’histoire de l’art, il s’agit donc de comprendre les formes qu’a pu prendre ce travestissement au niveau vestimentaire, et les messages envoyés ou perçus par la société, qui apparaissent par l’étude de toute une imagerie populaire (caricatures, cartes postales) qui nous en apprend bien plus sur les mentalités des observateurs que sur le phénomène en lui-même.
-“L’atelier H.-G. Ibels de costumes de théâtre et travestis au Printemps”, Marine Schweitzer, Master I, Université Paris IV

Le fonds de costumes de scène du Palais Galliera, Musée de la Mode de la Ville de Paris, renferme un ensemble mystérieux de pièces. Celles-ci ne portent pas la marque d’un costumier ou d’une pièce, mais la griffe d’un grand magasin, « Au Printemps PARIS ». Robes d’inspiration XVIIe siècle, tenues de Toréador ou d’Indien d’Amérique, tuniques à l’orientale ou encore livrées, au total, plus de 120 costumes, masculins et féminins, ainsi que divers accessoires, ont cette particularité. Récemment redécouverts après avoir passé plusieurs décennies enfermés dans des cartons, ces costumes constituaient une véritable énigme au début de nos recherches. Production inédite de l’une des plus grandes institutions commerciales parisiennes encore en activité, ils ont été complètement oubliés dans la mémoire du grand magasin, tout comme dans celle du costume de scène. En mettant de nouveau en lumière l’atelier de costumes de théâtre et travestis au Printemps, né en 1919 à l’initiative de l’artiste Henri-Gabriel Ibels, bien connu en tant que membre fondateur du groupe des Nabis, nous avons tenté de renseigner un fonds non négligeable conservé par le Musée de la Mode de la Ville de Paris. L’étude, conditionnée par l’absence de documentation spécifique sur ces costumes, a largement été orientée par de nombreuses hypothèses, que nous avons peu à peu pu vérifier ou infirmer. L’objectif a été de retracer l’histoire de l’atelier, et d’obtenir le plus possible d’informations concernant les costumes qui y ont été créés, leur contexte de production et d’utilisation. Ces recherches ont par ailleurs permis d’amorcer une réflexion autour du costume de scène dans le contexte très particulier d’un atelier de création au sein d’un grand magasin parisien.

-“La blanchité en Vogue“, Daniela Novelli, Post-doctorante à l’Université Paris-Sorbonne – Paris IV

Dans le cadre d’une récente recherche doctorale interdisciplinaire, cette réflexion du point de vue des études de genre et post-coloniales est centrée sur l’analyse de la production discursive sur la blanchité du corps féminin dans des éditions françaises et brésiliennes du magazine de mode Vogue. Des images issues de deux éditoriaux de mode datés de l’année 2008 – « Ça, c’est Paris » (Vogue Paris) et « Folia de Rainha » (Vogue Brasil) – révèlent des phénomènes complexes de légitimation raciale. Qu’elle soit « révolutionnaire », par l’érotisation de la Parisienne (figure mythique d’allure indéfinissable), ou « conservatrice », par un processus d’exotisation de la Mulâtre (figure emblématique du Carnaval brésilien) à la fois niée et évoquée, la blanchité perçue est le produit visuel de luxe d’un « lieu de privilège », associé notamment au corps [blanc] convoqué par la « matrice discursive » inter(nationale) de Vogue.

Mode, médias, marques et leurs relations à l’histoire de la mode : conversations croisées avec deux journalistes de mode :
-Pauline Castellani, journaliste, Le Figaro: “Quand les marques se retournent sur leur passé pour promouvoir leur histoire : les journalistes face au nouveau storytelling publicitaire”
-Alice Pfeiffer, journaliste, Le Monde : “La mode face aux médias”
 
Exposition:
Après la visite de l’exposition sur “La mode des années 1950” en octobre, “Jeanne Lanvin” en mars, nous vous invitons à découvrir l’exposition de la Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais : “Balenciaga, magicien de la dentelle” (du 18 avril-31 août 2015  http://www.cite-dentelle.fr/spip.php?article831) .
Catherine Join-Dieterle, commissaire de l’exposition, nous présentera le travail qu’elle a mené en amont de l’exposition.
Merci de nous envoyer un mail pour vous inscrire à la séance (en raison des nouvelles mesures liées au plan Vigipirate, nous avons besoin de connaître à l’avance le nombre d’inscrits à chaque séance). Merci de votre compréhension!
 
Au plaisir de vous voir le 19 juin!
Sophie 

Pour ceux que ça intéresse, les résumés des deux précédentes séances du séminaire sont disponibles :

*celui du du 22 mai sur la restauration/conservation de la mode, et les archives filmées des années 1920:  “Pour les absents (qui n’ont pas toujours tort) et les curieux”: http://histoiredemode.hypotheses.org/1876 

*et celui du 29 mai autour de l’exposition Lanvin avec Sophie Grossiord, commissaire de l’exposition : « Quand les archives murmurent à l’oreille des chercheurs”:  http://histoiredemode.hypotheses.org/1918

Sophie Kurkdjian
Sophie Kurkdjian

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Sophie Kurkdjian (4 juin 2015). 5ème et dernière séance du séminaire : “Actualités de la recherche en histoire de mode”, 19 juin, 14h30, IHTP. Cultures et Histoires de Mode. Consulté le 16 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/pn95


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